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Décembre

2018

Mes Anecdotes

C’était le 3 janvier 1966. Je suis monté dans l’estafette Renault bleue, je me suis assis sur mon ampli Vox car la place du passager était déjà prise. Nous roulons de Strasbourg en direction de Reims en Champagne. Nous... « Les Lionceaux ». Un groupe populaire dans les années 60 pour ses reprises en français de chansons des Beatles.

J’avais fait la connaissance des quatre musiciens du groupe un mois auparavant lorsqu’ils sont venu installer leurs instruments de musique sur la scène du grand dancing où nous, « Les Jets », faisions danser les ados de la ville tous les WE depuis près de deux années. Ils sont restés un mois au cours duquel ils ont eu l’occasion de nous apprécier lors d’un « bœuf ».

Avant de reprendre leur route, ils m’ont proposé de partir avec eux en tournée à travers la France dès janvier. Ils avaient besoin d’un guitariste rythmique sachant faire des chœurs et avaient estimé que je « faisais l’affaire » !

J’ai d’abord hésité, pensant à tous les bons moments que j’avais passé avec mes amis des « Jets » ! Mais ce sont eux mêmes qui m’ont persuadé que je devais accepter ! D’autant que la vedette de la tournée à laquelle les Lionceaux étaient conviés n’était autre qu’un de mes rockers préféré : Chuck Berry !

J’ai embrassé ma mère, serré fortement la main de mon père, et je suis parti sans me retourner, mais le cœur gros.

Arrivé à Reims, on m’a déposé à la porte d’un hôtel pas cher situé en plein centre, place d’Erlon. Rendez-vous, le lendemain pour deux jours de répétitions, car le premier spectacle devait se passer à …. l’Olympia de Paris ! A ce stade, Alain et Bob, qui étaient les leaders des Lionceaux, avaient décidé de diversifier le répertoire du groupe.

Chacun pourrait ainsi chanter deux ou trois chansons de son choix pour ne plus dépendre uniquement des chansons des Beatles en français et parfaire l’image du groupe. Quand ils m’ont demandé ce que j’aimerai chanter, je leur ai immédiatement fait comprendre que ce serait du Rythm-and-Blues ou rien ! Par exemple : « Keep on running » du Spencer Davis Group ! Banco ! La chanson a été acceptée d’emblée et répétée, puis retenue pour être incluse dans le tour de chant de notre « trop courte » prestation en tant que « lever de rideaux » de la tournée « Chuck Berry » !

Deux jours plus tard, départ pour Paris pour une répétition sur la scène de l’Olympia, la prise de son et la mise au point des lumières. J’étais très impressionné de me retrouver sur cette scène mythique, moi, le petit guitariste strasbourgeois sans autre avenir immédiat que celui de participer à cette aventure. Après la répétition, alors que l’après-midi finissait, le trac m’envahissait. J’en tremblais presque de « peur ». Mais les autres me soutenaient, de même que les musiciens qui accompagnaient la « vedette américaine », Ronnie Bird, alors en pleine gloire, méritée d’ailleurs.

L’heure venue, après avoir ajusté une dernière fois nos tenues (col roulé et pantalon noirs), vérifié nos instruments et pris place sur la scène de l’Olympia, l’imposant rideau rouge s’est levé alors que nous avions plaqué nos premiers accords de guitares.

Nous avions le temps de chanter quatre titres. Mais je ne me souviens que de ceux qui m’impliquaient directement. Tout d’abord, « Slow down » des Beatles, dont le chorus de guitare m’avait été « gracieusement » laissé par Alain et que j’avais exécuté sans problème car je l’avais tellement mémorisé que je ne pouvais pas me tromper. Ensuite, « Keep on running » en « franglais » … une vraie aventure.

Car l’Olympia était rempli de musiciens et de gens du showbizz que j’avais probablement impressionné d’une certaine façon, car le lendemain, parmi les critiques du spectacle, quelques unes faisaient allusion à moi : « C’est qui, l’anglais que les Lionceaux ont engagé ? d’où il sort ? » ! La tournée qui a suivie s’est extrêmement bien passée. Chuck Berry était bien entendu très tonique, mais je me dois de mettre l’accent sur l’excellence de Ronnie Bird et de son orchestre, car pour moi, c’était lui la « vraie vedette ».

Par la suite, nous avons vraiment diversifié notre répertoire, ajoutant aux chansons des Beatles, des classiques du RnR : ce RnB qui m’était dévolu et qui, à la séparation des Lionceaux, me permettra de devenir « Herbert Léonard ». Enfin !

Salutation amicale
Herbert LÉONARD

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